El director Pablo-Heras Casado es distinguido como 'Caballero de la Orden de las Artes y las Letras' del Gobierno francés


El granadino Pablo-Heras Casado, principal director invitado del Teatro Real, y director del Festival de Granada, ha sido distinguido como 'Caballero de la Orden de las Artes y las Letras' del Gobierno francés, en un acto realizado el pasado lunes 3 de diciembre por el embajador de Francia en España, Ives Saint-Geours, en su residencia oficial en Madrid. El galardón le ha sido concedido en reconocimiento a “una deslumbrante, diversa e intensa carrera con un vínculo imprescindible a la música francesa, insaciable curiosidad, audacia y feroz lucha por la cultura desde los valores comunes de edificación y transmisión de ésta”.

Al acto asistieron, además de numerosos familiares y amigos del galardonado, la directora general del INAEM, el presidente y el director general del Teatro Real, diputados y miembros de distintos medios de comunicación.

La Orden de las Artes y las Letras es una condecoración que otorga la República de Francia a "artistas, escritores o intelectuales que se han distinguido por sus creaciones en el dominio artístico o literario, o por la contribución que han aportado al esplendor de las artes y las letras en Francia y en el mundo". Fue instituida el 2 de mayo de 1957 y es otorgada por el Ministerio de Cultura de Francia.

DISCURSO DEL EMBAJADOR FRANCÉS:

"Madame la Directrice Générale de l’INAEM,
Monsieur le Président du Teatro Real, Monsieur le Directeur Général du Teatro Real
Monsieur le Député,
Mesdames et messieurs les représentants des médias que je remercie d’être venus ce soir si nombreux,
Madame et Monsieur Pablo et Carmen Casado,
Chère Anne Igartiburu,
Chers amies et amis,
Cher Maitre, cher Pablo,

Cette résidence de France ne vous est pas tout à fait étrangère car vous y avez été souvent invité tant vos liens avec la scène musicale française sont étroits, riches et anciens et votre attachement à Paris – cette ville où vous arriverez en 2006 sans en connaitre la langue- si perceptible jusque dans la perfection et l’élégance de votre français.

Mais, ce soir, c’est une cérémonie plus personnelle qui nous réunit et si c’est d’abord un grand honneur, de pouvoir vous accueillir à nouveau pour cette occasion exceptionnelle, entouré cette fois de votre plus proche famille, de vos amis et de grands témoins de votre carrière nationale et internationale… c’est aussi un très vif plaisir personnel, pour mon épouse et moi, de vous recevoir ici, après l’émotion somptueuse partagée lors de l’inauguration du Festival dans le silence irréel du Palacio de Carlos V à Grenade.

Comment ne pas se souvenir également de votre accueil si chaleureux, chère Anne Cher Pablo, dans l’intimité de votre maison sur les flancs de l’Albaicin. Cette soirée, solennelle mais amicale, que vous avez préféré réserver à l’intimité du salon de musique vous ressemble si bien. Elle est faite de sincérité, de fidélité,
d’engagement et d’une étonnante humilité au regard de l’audace qui caractérise votre carrière et de l’immense reconnaissance internationale qui l’accompagne.

A la question qui vous est souvent posée sur votre musique préférée, vous aimez d’ailleurs souvent répondre, sans sourire, « le silence », ce qui rend plus difficile encore l’hommage qui vous est destiné ce soir. Votre carrière est à ce point remarquable qu’il m’est toutefois difficile de ne pas énoncer quelques temps forts de votre parcours, au risque de vous paraitre bruyant.

Je sais, puisque vous aimez à le rappeler régulièrement, ce que vous devez à Grenade, cette ville où vous êtes né à la musique grâce à l’appui sans faille de vos parents, qui ne douteront jamais de votre passion, en vous permettant de vous inscrire au conservatoire de musique et en acquérant à crédit votre premier piano Yamaha.

Leur présence ici ce soir est un gage de cette confiance lumineuse qui vous a toujours entourée et, sans doute, la juste raison de cette extraordinaire vitalité contagieuse qui vous anime et surprend tous ceux qui vous rencontrent. La première fois que vos parents ont quitté l’Espagne, ce fut d’ailleurs pour se rendre à Paris et vous voir diriger un opéra à l’Opéra Bastille et découvrir Le Louvre. C’est donc un double honneur pour moi de vous recevoir ici, Cher(e)s Carmen et Pablo, et de sentir votre bonheur devant tant de succès et d’affectueuse reconnaissance.

C’est à Grenade encore, ville de carrefour des cultures et des arts, que vous adopterez cet éclectisme artistique qui vous mènera du théâtre à la polyphonie sacrée, de l’histoire de l’art à la danse contemporaine et la composition musicale et qui guidera, jusqu’à aujourd’hui, la polyvalence de votre parcours artistique.

C’est à Grenade, toujours, que vous avez repris, il y a juste un an, avec élégance et brio la Direction du Festival International de musique et danse contemporaine, fleuron de la vie artistique en Andalousie, pour lui conférer cette reconnaissance internationale qu’il mérite.

Votre carrière, saluée unanimement par la presse spécialisée comme «fulgurante» et «rayonnante», va vous porter durant 20 ans sur les plus grandes scènes internationales, mais vous ne cesserez de revendiquer l’attachement à vos racinesandalouses, en confiant, parfois même avec orgueil, que vous êtes membre de la peña la plus ancienne de Grenade.

Car après les années 90 où vous fonderez l’ensemble de musique ancienne de Grenade puis y dirigerez l’Ensemble Barroca, Daniel Barremboim va vous choisir en 2004 pour être l’un des directeurs de son East West Divan Orchestra. S’en suivra une vertigineuse succession de concerts internationaux où vous allez diriger, sans trêve aucune, les phalanges les plus prestigieuses de la scène musicale internationale, interprétant avec éloquence et lyrisme un répertoire élargi, alternant œuvres de la renaissance et grands opéras du XIX siècle, classiques baroques et partitions contemporaines.

Je n’oserai pas m’engager dans la longue et impressionnante énumération des ensembles et orchestres qu’il vous a été donné de diriger sur les plus prestigieuses scènes d’Europe et d’Amérique ; de Londres, Berlin à New York, de Salzbourg, Leipzig à Amsterdam, de Saint Pétersbourg à Los Angeles, de Madrid à San Francisco,
et bien sûr en France à l’Opéra de Paris, la Cité de la musique, la Salle Pleyel, l’auditorium de Lyon ou le grand Théâtre de Bordeaux.

Ni énoncer la vaste discographie que vous avez signée auprès des plus grands labels internationaux, largement couronnée de prix prestigieux, et tant d’autres à venir.

Les journalistes et les directeurs artistiques et discographiques qui vous entourent me rendraient trop vite responsable d’une omission coupable de tel ou tel de vos succès incontournables.

Comment ne pas rappeler néanmoins, puisque nous sommes à Madrid, en présence des, que cette destinée hors du commun qui vous a valu d’être nommé premier chef lauréat de l’Orchestre de St Luke à New York et «chef d’orchestre de l’année en 2014» par Musica America, vous a conduit tout naturellement à devenir le principal chef invité du Teatro Real, et m’a permis, à titre personnel, de vivre quelques-unes de mes plus belles expériences musicales.

Permettez-moi de revenir quelques instants sur votre lien imprescriptible à la musique française, et aux grandes personnalités françaises qui ont marqué votre parcours, et auxquelles vous rendez d’ailleurs un si bel hommage dans votre livre «A Prueba de Orquestra» récemment publié – Car vous êtes aussi écrivain, rajoutant le talent d’écriture au syncrétisme artistique qui est déjà le vôtre, sans vous inquiéter plus avant de votre emploi du temps surchargé … «c’est une question de méthode et d’organisation», répondez-vous simplement.

Car qui mieux que vous pour nommer la force de votre rencontre avec Pierre Boulez,celui que vous appelez votre maitre, votre mentor, avec lequel vous avez étudié àl’Académie de Lucerne puis partagé l’Ensemble Inter contemporain, celui devenu votre ami jusqu’à sa mort et dont vous hériterez l’insatiable curiosité.

Ou votre admiration pour Gérard Mortier, le directeur d’opéra visionnaire, humaniste de l’art, brillant intellectuel parfois provocateur qui vous a fait confiance et dont vous avez gardé la belle audace et le combat farouche pour que «l’art soit un pain de l’esprit».

Quant à votre passion pour les compositeurs français, elle est puissante et sansexclusivité d’époque -Debussy, Ravel, Fauré, Dutilleux, Messiaen, Bizet, Berlioz, Lully, Boulez, Saint Saëns..- vous avez fait le choix de les mettre à l’honneur du Festival de Musique et Danse de Grenade- Debussy et Couperin en 2018, Berlioz en 2019, dans des interprétations servies par les meilleurs artistes français et européens.

Car c’est bien là votre engagement le plus fort; mettre au service de ce festival de renom vos plus belles fidélités artistiques pour les croiser à l’élégance patrimoniale de l’Alhambra et convaincre le public le plus large possible que la musique classique n’est pas élitiste.

En assistant au concert inaugural du Festival de Grenade, j’ai pu d’ailleurs percevoir l’expérience extraordinaire et l’émotion qui vous habitait à revenir diriger là où vous aviez débuté votre carrière. J’ai aussi pris la mesure de votre détermination et de l’urgence de votre combat pour que la musique qui incarne pour vous des valeurs de solidarité et de tolérance, puisse transformer, sinon la société, du moins les femmes et les hommes qui savent la recevoir.

Ce sont ces mêmes valeurs de transmission, d’éducation, de responsabilité collective que vous défendez au sein de l’ONG espagnole « Ayuda en Accion » pour éradiquer la pauvreté et l’injustice dans le monde. Vous en êtes devenu l’Ambassadeur mondial.

Vous êtes titulaire de la médaille d’honneur de la Fondation Rodriguez Acosta, de la Médaille d’or du Mérite du Conseil de Grenade, et citoyen d’honneur de la province de Grenade et Ambassadeur du Gouvernement autonome andalou.

Le temps est donc venu d’ajouter à ces reconnaissances nationales celle de l’Etat français, en hommage à votre exceptionnelle carrière d’une rare intensité et diversité, mais également en hommage à l’attachement que vous vouez à la France, à notre culture, à notre langue, et à nos valeurs communes en faveur de l’art et de l’éducation artistique que j’ai l’honneur , au nom du Ministre de la Culture et de la Communication de vous faire, Pablo Heras Casado , Chevalier des Arts et Lettres.
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